OGM - France Nature Environnement recommande « un renforcement du moratoire »
31/10/2003 - 14h02 (FR)

Thomas Quéguiner

 

Tandis qu'une manifestation doit se tenir le 2 novembre 2003 pour défendre la liberté et la protection de la recherche sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), la fédération France Nature Environnement réitère dans un communiqué en date du 31 octobre 2003, son refus toute levée du moratoire européen. Bien que « n'étant pas opposée par principe aux recherches sur le génome » qu'elle juge « nécessaires pour élucider le fonctionnement du vivant », elle en appelle toutefois « à la conscience des chercheurs et des politiques ».

La fédération souhaite « donner à la recherche fondamentale le temps et les moyens de mieux les connaître, d'enrichir le savoir plutôt que prendre le risque d'ouvrir la boite de Pandore en autorisant ces produits expérimentaux dans les champs et les assiettes ». Selon ses responsables, « la transgenèse apparaît comme un procédé forçant les processus du vivant ». Face aux accusations d'obscurantismes dont ils font l'objet, ceux-ci dénoncent des propos tenus par des « ignorants de la teneur du dossier OGM et de l'importance de ses enjeux de
société ».
Pour les membres de France Nature Environnement, le marché des OGM est du ressort de firmes « dont le but est d'accentuer leur monopole sur des marchés captifs grâce au brevetage du génome des espèces, alors que celui-ci devrait être considéré comme inaliénable car appartenant au patrimoine commun de l'humanité ».
Par conséquent, ils recommandent, « pour des raisons de sécurité sanitaire alimentaire », un « renforcement du moratoire portant sur les cultures transgéniques et la suspension des importations de plantes transgéniques destinées à l'alimentation animale, faute d'un étiquetage des produits reposant sur une véritable traçabilité ». Selon eux, « aucune veille sanitaire spécifique n'est possible faute d'une traçabilité significative ». Enfin, la fédération déplore qu'il n'existe « aucun système de responsabilité et de réparation des préjudices subis par les producteurs, dont la spécificité des produits est altérée par des contaminations de pollens porteurs de transgènes, ou lors de manipulations au long de la filière ».

Source : © Milfeuille Presse Thomas Quéguiner